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<< Petite gourmandise | La page seule parmis tant d'autres accompagnées. | Où sommes nous ? Qui sont ces gens ? >>
Rangeant mes livres un à un, je suis tombé sur une page d'écriture. Une page blanche, légèrement mordu en haut par mon chien. La page 17. Je l'ai lu. Et j'en ai retrouvé l'auteur et l'œuvre. Maupassant. « Une vie ». La page 17. Sublime.
« Comment se présenterait-elle ? Il n'en savait
rien, mais il l'attendait depuis trois mois, tous les jours, tous les soirs.
Quelque fois, cependant, grâce à sa belle mine et à sa tournure galante, il
volait, par-ci, par-là, un peu d'amour mais il espérait toujours plus et mieux.
La poche vide et le sang bouillant, il s'allumait au contact
des rôdeurs qui murmurent à l'angle des rues : « Venez-vous chez moi,
joli garçon ? » mais il n'osait les suivre, ne les pouvant les payer ;
et il attendait aussi autre chose, d'autres baisers, moins vulgaires.
Il aimait cependant les lieux où grouillent les filles
publiques, leurs bals, leurs cafés, leurs rues ; aimait les coudoyer, leur
parler, les tutoyer, flairer leurs parfums violents, se sentir près d'elles. C'étaient
des femmes enfin, des femmes d'amour. »
Publié par Korova à 21:00:46 dans Korova | Commentaires (1) | Permaliens
02-02-2008 14:07
De Ibti Sujet:
Maux passants.
Maitre des jeux